INTRODUCTION

Le terme « influence » peut avoir une signification positive comme négative. Dans les deux cas, cela représente une transmutation des actions ou des projets à venir.

Questionner le rôle des lobbies est légitime et primordial de nos jours, pour plusieurs raisons. Premièrement, ce sujet fait l’objet d’une méconnaissance délétère. L’activité de « lobbying » représente pour beaucoup une nébuleuse source de fantasme. Cette incompréhension est la source de critiques parfois infondées, parallèlement, les véritables lacunes (structurelles par exemple) sont mal cernées par le public. Une confusion qui nuit à la transparence du processus décisionnel, et par là même, démocratique. Dans un second temps, la complexité imaginée (et réelle malgré tout) engendre notamment un « euroscepticisme » latent.

Il existe plusieurs types de lobbies au sein de l’Union Européenne. Les lobbies privés et publics, mais aussi les formes d’influences des lobbies, qui peuvent être internes ou externes. Il faut avant tout différencier le privé du public. Le premier correspond à un groupe d’intérêt qui défend une catégorie bien spécifique de la population ou d’un corps de métier. Ils mettent en exergue et prônent l’intérêt du groupe uniquement. Les lobbies publics eux, défendent des intérêts qui peuvent convenir à l’ensemble de la société. Ils protègent des causes pouvant avoir un impact sur toute une population.

Les lobbies internes ont un contact direct avec les cibles à influencer. Ils déploient un réseau d’influence, un savoir-faire et une expertise. Ils ont une place lors des auditions parlementaires et peuvent négocier avec toute sorte de pouvoir. Les lobbies externes, eux, ont recours à l’espace médiatique : cela fait partie d’une stratégie d’alliance, de communication et de coalition. Ils ont recours aux sondages et agissent sur l’espace public.

L’Union Européenne est le résultat d’une association de plusieurs États européens. Le but primordial de ce groupement étant de garantir la paix et de pérenniser des progrès économiques, politiques et sociaux. Les lobbies exerçant dans la sphère de l’Union européenne ont une influence dans ces domaines.

Malgré cette diversité de mode d’action et de nature, le public se focalise souvent sur les lobbys privés (internes notamment). Ces groupes de pression d’intérêts privés ne sont pourtant pas les seuls acteurs dans le processus décisionnel. Des ONG (associations) par exemple peuvent aussi défendre l’intérêt commun avec ces mêmes modes d’actions.[1]

Dans ce sujet et avec les termes abordés, nous pouvons donc dégager la problématique suivante : Les lobbies, malgré les tentatives d’encadrements, sont-ils un facteur carcan[2]du processus décisionnel[3]de l’Union européenne ?

En effet, après analyse de ce processus décisionnel inhérent à l’Union Européenne, peut-on dire que les lobbys ont trop de « poids » dans ce dernier ? En autres termes, leurs actions amenuisent-elles l’expression, et par là même, l’efficacité du processus démocratique tel qu’imaginer lors de la construction européenne ?

Dans un premier temps, nous allons voir que les lobbies sont des acteurs de cette construction européenne. Ensuite, nous verrons que l’encadrement des lobbies s’effectue à la fois par un appareil juridique et par des interactions antagonistes. Puis, nous observerons les limites et les controverses structurelles initiatrices d’une crise de confiance.

[1]L’association BLOOM a, par exemple, milité pour interdire la pêche industrielle électrique en janvier 2018. Voir : http://www.leparisien.fr/societe/la-peche-electrique-definitivement-interdite-dans-les-eaux-europeennes-16-01-2018-7503564.php

[2]Nom masculin qui évoque dans son sens figuré une entrave de la liberté, une contrainte.

[3]Il s’agit de « la décision est le fait d’un acteur qui effectue un choix entre plusieurs solutions susceptibles de résoudre le problème ou la situation auxquels il est confronté. ».

 

LIRE LA SUITE : EDJ – J3-IG – Institutions européennes – Rapport – Mlle Giusto- MM. Leprince – Ricard – 2017-2018

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