Le mercredi 29 mars nous avons assisté à deux ateliers sur le thème suivant : sport et patrimoine.
 Le premier colloque portait sur le sport et les médias, qui ont un intérêt mutuel depuis la fin du XIXè siècle. Le calendrier sportif est né grâce à l’action de la presse et a façon dont on consomme le sport par les médias est maintenant importante. Edouard Sedler du journal l’Équipe est le premier à s’être intéressé a la relation entre les médias et le sport en 1964.
Il existe deux points de cristallisation dans
ce thème, la grande guerre et la quatrième
république. Les offres de programmes
sportifs à la télévision étaient de 150 heures en 1950 et de 170 000 en 2015. Le sport a une grosse capacité d’attractivité : en 2006, il y avait 22,2 millions de téléspectateurs devant France / Portugal. Le sport est un domaine qui attire le plus de personnes avec les catastrophes naturelles, les attentats et les élections.
Le sport a aussi évolué dans la presse, en 1914 il y avait 380 000 exemplaires de presse sportives tirés par semaine alors qu’aujourd’hui le chiffre est de 1 460 000.
Concernant la radio, la révolution radiophonique a amplifié le phénomène sportif et le journalisme sportif a toujours été l’un des principaux laboratoires de reportage.
Les journalistes sportifs sont des personnes qui permettent au sport de rester dans le temps et de l’ancrer dans les mémoires des gens. On pense notamment à Thierry Roland, Roger Couderre ou encore Michel Drucker qui ont été de véritables passeurs de souvenirs. Avec eux il faut aussi ajouter les photographes, considérés comme passeurs d’images.
La table ronde sur le thème sport médias et patrimoine est animée par Yasmina Touaibia. Les personnes présentes sont Jean Louis Flic (ancien directeur du service des sports RMC), Jean Marc Michel (ancien journaliste France 3), Cyrille de la Morinerie (Europe 1) et Philippe Tetart (Université du Maine).
Cette table ronde commence par expliquer l’avènement du football dans les médias. Jean Louis Flic évoque : « Le journaliste qui est le relais du citoyen est souvent désormais privé des infos, exemple : pendant l’Euro, les journalistes de France TV n’étaient pas autorisés. L’UEFA ne les avaient pas autorisés. Désormais, avec la professionnalisation, c’est très compliqué d’approcher les sportifs, notre métier à changé, il s’est durci. Avec chaque entreprise (clubs), il y a une grosse différence avec les journalistes. Les attachés de presse remplissent les communiqués à notre place, c’est la mort de notre métier ça. Il y a énormément de dérives (ex : limitation des accréditations, droit d’entrée pour certaines compétitions comme le mondial de handball). Certaines pratiques ne sont pas acceptables ».
Cyril de la Morinerie prend le relais : « Il y a de grandes difficultés. Exemple : avec le PSG ou l’équipe de France c’est dur de caler des interviewes. Pour avoir accès aux grandes compétitions, maintenant il faut payer un accès. Le journaliste de sport est sûrement l’un des seuls à être multi-rubriques (ex : connaissances médicales, juridiques).
De façon caricaturale, ce sont désormais les institutions sportives publiques ou privées qui dictent leurs choix aux acteurs du journalisme (jusque dans les années 50 c’était l’inverse). Mais cela dépend des domaines (ex : groupe Amaury qui fait le Tour, l’Equipe). La culture est la clé de notre réussite dans ce métier. De plus, généralement, le journaliste sportif sait improviser, et est polyvalent. Le journaliste sportif est souvent l’un des plus considéré dans une rédaction. Cyrille de la Morinerie appuie ces propos « Nous sommes les seigneurs de notre métier. » Il pense que les nouvelles technologies ont aussi changé l’approche. Exemple : le Vendée Globe avec les plateformes qui nous montrent le quotidien. Enfin, le Phénomène des consultants est embêtant pour notre métier car ils prennent de plus en plus de place : certains sont très bons mais d’autres moins.

Le deuxième atelier de la journée était une table ronde au musée du sport sur le thème : Sport, médias et émotions. Elle était animée par Yvan Gastaut, les personnes présentes étaient Vincent Duluc (L’Équipe), François Giuseppi (RMC), Christophe Josse (Bein Sports), Philippe Christanval (ancien joueur, consultant SFR Sport) et Michaël Lefebvre (RTL, La Chaine L’Équipe).

Le premier à prendre la parole est Vincent Duluc : « On ne peut que traduire l’émotion qu’on ressent, notamment dans les stades. On peut être transporté par la beauté d’un match mais la plus grande émotion c’est un renversement de scénario. L’émotion est un
facteur pour écrire vite et donc plus facilement. La meilleure adrénaline c’est lors des tardifs, là où c’est le meilleur moment pour écrire. Il est indispensable d’être là où ça se passe pour vivre ces moments. Pour moi l’émotion est la seule raison d’aller au stade. » François Giuseppi a ensuite rebondit sur ces propos : « Il ne faut pas se laisser trop submerger par l’émotion. Même quand on a un petit affectif on doit essayer de rester neutre mais par exemple lorsqu’on suit une sélection, on a envie que ça aille le plus loin possible. L’émotion doit être ressentie par l’auditeur, qu’il ressente qu’il est au stade. Mais ce n’est pas non plus une raison de surjouer. » Christophe Josse à, lui aussi, prit la parole : « C’est ce qui fait l’essence de notre métier. Elle doit être spontanée et issue d’un respect par rapport à l’événement que l’on vit. En amont des rencontres, il faut savoir ce qui nous attend. C’est ce qui fait le sel de notre métier. A chaque fois c’est une émotion nouvelle. L’événement sera toujours plus fort qu’une voix ou qu’un papier. Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi une notion de culture (ex : le commentateur colombien commente différemment). »

Pour chacun la radio est le média le plus abouti dans le cadre des rencontres sportives car il n’y a pas le support de l’image. Même si ils ont tous un support de prédilection différent, ils se sont mit d’accord pour dire que l’émotion est mieux transmise par celui-ci.
Philippe Christanval a ajouté : « C’était un énorme moment pendant ma sélection. Désormais en tant que consultant, c’est très compliqué de ressentir la même chose que lorsque j’étais joueur. »

Pour finir cette table ronde plusieurs ont annoncé l’évènement incontournable pour eux. Christophe Josse choisit le Tour de France car pour lui c’est le patrimoine du sport à la française. Michaël Lefebvre choisit la finale de l’Euro 2000 car le but de Trézéguet a été son plus beau vecteur d’émotion. Enfin, Vincent Duluc n’a pas réussi à se décider et a choisit la première finale de la Cup dans le vieux Wembley dans les années 70 et les premiers Jeux Olympiques.

Lucas Bertolotto

Categories: EDJ Lab