Les 10 commandements du bon journaliste

Le journalisme n’est pas un métier comme les autres. Il demande parfois ce petit supplément d’âme qui résonne en vous… Voici donc une liste – non exhaustive – des qualités indispensables pour devenir un (bon) journaliste. Alors, les cocherez-vous toutes ?

10 commandements du bon journaliste
Être au plus près de l’information, mais en retrait, telle est la vocation d’un – bon – journaliste. Pour cela, il faut des qualités humaines indispensables. (crédit : Shutter stock)

La curiosité

La curiosité est un vilain défaut, sauf dans le journalisme ! Au contraire, elle est indispensable. Le journalisme est un métier dans lequel on découvre sans-cesse des nouveaux sujets, avouons-le plus ou moins passionnants. Alors pour continuer à être motivé devant un rapport de la Cour des comptes, une réforme sur les retraites ou une crise européenne, mieux vaut avoir le sens de la découverte et l’envie d’apprendre !

La rigueur

Vous êtes sans-cesse jugé, pour le meilleur et pour le pire ! Alors, pas le droit à l’erreur car la moindre petite approximation vous reviendra comme une volée de bois vert. Le journaliste est un peu comme un sportif, ses performances sont scrutées, critiquées et livrées à la vindicte populaire des réseaux sociaux. Alors, mettez votre ego dans votre poche et redoublez de rigueur. Le journaliste, comme le sportif, peut être brillant un jour et médiocre le lendemain, et on ne manquera pas de lui faire remarquer !

L’écoute

Vous connaissez cette phrase : « il s’écoute parler » … En général, on l’attribue aux mauvais journalistes, plus intéressés par leur question, que par sa pertinence et la réponse de l’interlocuteur. Écoutez les autres, rebondissez, réagissez, c’est le secret d’une bonne interview. Dans le journalisme, il faut aussi apprendre l’art de l’acquiescement, c’est à dire développer son langage corporel pour réagir en silence à tout ce qui vous entoure.

La bienveillance

On l’oublie dans cette époque de clash, de strass et d’invectives, mais un bon journaliste est aussi quelqu’un de bienveillant. Bienveillant avec ses sources, ses employeurs, ses interlocuteurs. Dans la presse, comme dans la cité de la Peur : « on peut tromper mille fois mille personnes, non, on peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes. » Alors si vous trompez vos sources ou vos employeurs, vous vous retrouvez sur la liste que tous les journalistes redoutent : la liste noire !

La pugnacité

Bon, c’est bien gentil tout cela, mais nous ne sommes pas non plus dans le monde des Bisounours, donc si vous respectez scrupuleusement tous les autres commandements, vous avez le droit d’user de celui-là avec autorité ! Plus vous serez sérieux, minutieux, humain, empathique, informé, volontaire, plus vous aurez le droit de poser les questions qui dérangent et d’insister si vous n’avez pas de réponse ! Donc, on y va, on fonce, on prépare des relances et on est là pour obtenir les réponses ! Vous souvenez vous de la phrase de Georges Marchais : « Vous avez vos questions, j’ai mes réponses ! », eh bien pour nous c’est tout l’inverse !

L’élégance

Il faut cultiver aussi une certaine élégance. Dans les mots que l’on choisit, dans le ton que l’on adopte et même dans son code vestimentaire. L’élégance, n’est pas physique ou écrite, elle est métaphysique : c’est ce qu’il se dégage de vous. Alors, on met de l’ordre dans tout ça et on est présentable en toute occasion ! Et surtout, on a le look adapté à la situation. T’as le look coco…

L’ironie

Si vous commencez à tout prendre au premier degré, vous êtes mort ! Surtout dans ce métier, où l’on use à loisir du second, voire du troisième degré. Donc, ne prenez pas tout au pied de la lettre. Prenez du recul ! et si vous n’y arrivez pas, dites-vous qu’un jour un certain Marcel Proust s’est vu refuser ses manuscrits parce qu’ils étaient jugés trop médiocres. À une Madeleine près, ce serait dommage de ne pas faire carrière !

La réactivité

« Une information vient de tomber, il faut tout refaire ! » Cette phrase, un journaliste l’entend tout au long de sa carrière. En effet, il est dépendant de quelque chose qu’il ne maîtrise pas : l’information ! D’autres nomment cela le facteur humain… Alors préparez-vous à faire, refaire, défaire, mettre à jour, modifier, intégrer, c’est le quotidien d’un bon journaliste. Surtout qu’avec le web, une information peut évoluer dans la journée et il faut sans cesse être prêt à réagir à l’actualité !

L’empathie

L’empathie, c’est le don de se mettre dans la peau des autres et c’est une qualité très importante, surtout en reportage. Par exemple, quand un journaliste va sur un terrain hostile, sa seule arme pour obtenir des réponses, c’est son don d’empathie. Alors restez à votre place, adoptez le bon langage et surtout : ne mettez pas de barrière !

L’adaptation

Quel métier vous permet un jour de rencontrer des grévistes, le lendemain d’infiltrer un groupe néo nazi, le sur lendemain de fixer un reportage sur le trafic de drogue en banlieue et en fin de semaine d’interviewer un député ? Le journalisme pardi ! Et c’est pour ça qu’il est unique ! Évidemment, pour toutes ces raisons, il faut être un 4/4 de la pensée, avoir une plume tout terrain et savoir créer une alchimie avec un dealer de 15 ans ou un ex ministre de 75 ans…