La certification de l’EDJ de Journaliste reporter tous médias Niveau 6 (Licence-Maitrise), est enregistrée au RNCP (Répertoire Nationale des Certifications Professionnelles).
France Compétences l’a enregistrée le 26 juin 2026, sous le numéro RNCP42498 (nom du certificateur : SARL Nouvelles – L’École Du Journalisme).
Description du métier visé, des principales activités visées ; si plusieurs métiers visés, justification de la cohérence de la constitution d’une certification unique.
a) Intitulé du métier visé
Journaliste reporter tous médias
(Autres appellations possibles : journaliste multimédia, journaliste cross-media, rédacteur reporter, journaliste numérique ou datajournaliste)
b) Finalité du métier
Le journaliste tous médias recueille, vérifie, hiérarchise, met en forme et diffuse des informations d’intérêt public sur divers supports (presse écrite, audiovisuel, web, réseaux sociaux, podcast, formats data ou immersifs).
Il agit dans le respect de la déontologie, de la véracité et de la rigueur professionnelle.
c) Activités principales
1. Enquête, collecte et vérification de l’information
• Recherche et recoupement des sources ;
• Utilisation d’outils de veille et d’IA (Open Source Intelligence, fact-checking automatisé) ;
• Veille éthique et juridique (protection des sources, droit à l’image).
2. Production de contenus journalistiques tous supports
• Rédaction d’articles, reportages et interviews ;
• Conception de formats audio, vidéo et interactifs ;
• Intégration d’éléments data et visuels (infographies, cartographies, visualisations).
3. Contribution à la ligne éditoriale et à la stratégie du média
• Participation aux conférences de rédaction ;
• Application des principes de responsabilité éditoriale et écologique ;
• Participation à l’éducation aux médias et incitation à développer l’esprit critique.
d) Secteurs et employeurs concernés
• Médias de presse écrite, audiovisuelle, web, pure players, réseaux sociaux ;
• Agences de presse et de communication éditoriale ;
• Clubs officiels d’équipes de sport ;
• ONG, institutions publiques, collectivités ;
• Activité indépendante (piges, freelancing, microentreprise).
La cohérence d’une certification unique repose sur la transversalité des compétences (éditoriales, techniques, éthiques) nécessaires à l’exercice du métier de journaliste dans un environnement convergent et numérique.
Objectifs et contexte de la certification :
La certification » Journaliste reporter tous médias » tient compte des mutations que connaissent aujourd’hui les métiers du journalisme :
L’obligation de rigueur, de sérieux et de déontologie pour faire face à la défiance grandissante des citoyens face aux médias.
La diversification des médias et l’apparition de nouveaux « foyers » de l’information. La fragmentation des contenus journalistiques (replay, podcasts, vidéo à la demande, articles mis à la une… etc) qui est la conséquence directe de la volatilité du lectorat et de l’audimat.
L’évolution des techniques et des formats, qui impose aux journalistes – reporters tous médias d’être capables de produire rapidement un contenu attractif, percutant et obéissant aux nouveaux canons du genre (graphisme et montage particuliers).
La diversification du métier : le journaliste – reporter tous médias n’étant plus seulement chargé de la collecte de l’information et de son interprétation.
Ce vaste mouvement de transformation est à la fois un défi pour les acteurs du secteur, mais également une source d’opportunités professionnelles.
Activités visées :
A1. Recherche et collecte de données et sujets :
Veille sur l’ensemble des médias
Suivi des agences de presse
Observation de la concurrence
Collecte de données dans le respect RGPD
Suivi des services de communication et de presse (ministères, administrations, musées, commissions, associations, conseils, mairies, préfectures, grandes entreprises…)
Mobilisation des outils numériques d’analyse avancée
A2. Analyse approfondie de l’information :
Mise en perspective de l’information
Vérification de la pertinence des sources
Utilisation des outils numériques spécialisés dans la détection de contenus falsifiés
A3. Identification d’un angle pertinent :
Adaptation de l’angle
Prise en compte de la ligne éditoriale
Respect des contraintes de rédaction
Prise en compte du contexte (économique, social, politique…)
A4. Adaptation du sujet au média et au format narratif :
Identification du format approprié
Prise en compte du handicap
Adaptation des supports
Présentation du sujet à la direction
A5. Organisation pratique et préparation du sujet :
Orientation du sujet
Préparation du plan
Sélection des intervenants
Définition du temps imparti pour la préparation de son sujet
Rédaction de questions
Préparation et vérification du matériel
Demande d’accréditations et/ou d’autorisations si nécessaire
A6. Recueil de l’information :
Rencontre des différents intervenants
Observation de l’environnement
Mise en situation des interviews
Réalisation des Interviews
Recoupement des informations
Mobilisation des outils numériques avancés
A7. Fabrication de son sujet en fonction de son ou de ses médias : presse écrite, télévision, radio, web, réseaux sociaux :
Analyse des informations récoltées
Réalisation du sujet
Élaboration du sujet
Utilisation des réseaux sociaux
Intégration de l’Intelligence Artificielle
Compétences attestées :
C1. Réaliser une veille informative en effectuant des recherches sur internet, en assistant à des conférences de presse, en s’informant par tous les supports et communiqués de presse, en suivant les agences de presse (AFP, Reuters…), en collectant des données respectant les principes RGPD, en s’abonnant à des newsletters en tenant compte des contraintes écologiques et avec l’empreinte carbone la plus faible possible pour limiter les impressions et favoriser la lecture sur écran, en mobilisant également des outils numériques d’analyse avancée, y compris ceux intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour filtrer, organiser ou synthétiser les données, tout en évaluant leur fiabilité et leurs limites, de façon déontologique, afin de réunir, d’anticiper et de vérifier les informations.
C2. Assurer une veille sur les médias concurrents en effectuant une revue de presse, afin d’identifier, d’analyser et de comparer les tendances éditoriales, les sujets émergeants et les formats innovants.
C3. Développer sa culture du sujet en mettant en perspective l’information en revenant à l’origine de l’actualité, en mobilisant sa propre culture générale, en effectuant des recherches sur d’autres articles de presse éventuellement parus, en comprenant le contexte et son déroulé, en lisant d’autres articles, afin d’analyser l’information, en intégrant une compréhension des enjeux de transition écologique et numérique lorsque ceux-ci influencent le traitement ou la portée du sujet.
C4. Vérifier la véracité des sujets dans l’actualité, en croisant les sources et en s’assurant de leur fiabilité grâce à des faits, des repères ou des témoins, afin de partager des articles crédibles et objectifs et ainsi éviter la propagation des « fake news » et des rumeurs, en utilisant des outils numériques spécialisés dans la détection de contenus falsifiés (images, deepfakes, vidéos truquées) ou dans la vérification de sources, en respectant les règles de cybersécurité et de protection des données.
C5. Définir un angle adapté à sa cible, en analysant la ligne éditoriale de son média et le contexte (économique, social, politique, historique, géographique, géopolitique) afin d’apporter un éclairage sur le sujet et que le traitement de l’information soit le mieux adapté et le plus précis possible pour son lecteur/auditeur/téléspectateur.
C6. Traiter le sujet en fonction d’un angle adapté au média en tenant compte de la ligne éditoriale, en respectant les contraintes de rédaction (nombre de signes définis, durée du reportage…), en intégrant les particularités de diffusion propres aux médias numériques et aux réseaux sociaux, y compris les formats courts, mobiles ou interactifs (stories, reels, shorts, threads, formats verticaux) afin de respecter les demandes et les consignes, en appliquant des pratiques de production écoresponsables lorsque cela est possible (réduction des impressions, rationalisation des déplacements et du matériel).
C7. Identifier le format le plus approprié pour raconter l’événement en tenant compte des différents types de handicap (reportage, interview, portrait, enquête, plateau, diaporama, podcast, vidéo en streaming, post, thread ou live sur Twitter, live streaming, formats verticaux, capsules vidéo courtes, contenus interactifs, etc.), afin de délivrer une information adaptée au support de diffusion choisi (presse, TV, radio, web, réseaux sociaux…) et à la cible choisie.
C8. Présenter son sujet dans son contexte (économique, social, politique, historique, géographique, géopolitique) en argumentant, en trouvant les bons termes, en apportant des preuves du bien-fondé de son sujet afin de le défendre en conférence de rédaction, en valorisant la prise en compte d’éventuels enjeux de durabilité, d’innovation numérique ou d’impact social lorsque ceux-ci participent à la pertinence du traitement éditorial.
C9. Préparer un plan d’attaque (syllabus) en décrivant comment va être traité le sujet, en sélectionnant les intervenants et les lieux adaptés au sujet afin de s’assurer de respecter la cohérence du sujet et l’angle choisi initialement, en veillant à la sécurité des conditions de réalisation et à l’accessibilité des lieux pour l’ensemble des intervenants.
C10. Préparer les interviewes des intervenants en rédigeant des questions en fonction de chaque profil, en préparant et vérifiant son matériel, en s’adaptant par le choix et le niveau du vocabulaire à son interlocuteur, de manière inclusive, afin de faciliter l’échange et ainsi les convaincre d’intervenir.
C11. Recueillir l’information en multipliant les sources, en rencontrant les différents intervenants en se rendant sur site, en s’imprégnant de son environnement, en notant tous les détails qui servent à la confection du sujet et en les contactant par téléphone ou par visioconférence tout en identifiant les « déplacements essentiels » (exemples : un sujet délicat, un témoin sensible, une victime) et les déplacements non-essentiels (exemples : un spécialiste qui parle souvent à la presse pour un média écrit, un homme politique qui peut répondre par mail) et en favorisant éventuellement le covoiturage dans la rédaction, les transports écoresponsables et les transports collectifs, afin de fabriquer son sujet.
C12. Mener les interviews en posant des questions adaptées et en « rebondissant » sur les réponses apportées par l’interviewé, en préparant la mise en situation des interviews, en positionnant la personne interviewée dans un contexte révélateur prenant en compte les handicaps éventuels pour vérifier et enrichir l’information, en respectant les règles de santé et de sécurité lors des tournages et déplacements.
C13. Analyser les informations récupérées, en utilisant les bons outils en fonction de chaque média, en effectuant un tri afin de sélectionner les informations principales, en veillant à la fiabilité et à la sécurité des données numériques utilisées.
C14. Fabriquer le sujet dans le genre journalistique retenu en hiérarchisant l’information, en déterminant le message essentiel, en triant les informations, en effectuant un plan du sujet, en séparant scrupuleusement les faits des commentaires et en appliquant les 4 impératifs des techniques d’écriture et de storytelling journalistique (décoder/vulgariser, détailler/être précis et complet, faire court et donner envie) garantissant au journaliste d’être parfaitement compris de tous, en adaptant la fabrication du sujet aux exigences des plateformes numériques et réseaux sociaux (formats courts, verticalité, montage dynamique), et en intégrant, si pertinent, des outils assistés par IA pour optimiser certaines étapes techniques (montage, titrage, sous-titrage, transcription), tout en garantissant la maîtrise éditoriale humaine, pour publier le sujet en respectant les délais imposés par la hiérarchie, en veillant à l’accessibilité des supports de diffusion et à la limitation de l’impact environnemental des pratiques de production et de montage.
Modalités d’évaluation :
Mise en situation professionnelle dans le cadre d’une conférence de rédaction (réunion de travail au cours de laquelle les journalistes d’un média se rassemblent pour parler et décider du traitement qu’ils vont apporter à l’actualité).
Mise en situation professionnelle avec remise de plan détaillé.
Mise en situation professionnelle avec réalisation de 2 sujets journalistiques.
Description des modalités d’acquisition de la certification par capitalisation des blocs de compétences et/ou par correspondance :
La certification est découpée en 3 blocs de compétences.
Chaque bloc peut être acquis indépendamment et de manière autonome et donne lieu à une attestation de réussite.
La certification globale est délivrée par capitalisation de l’ensemble des blocs validés par le jury.







Référentiels d’activités, de compétences et d’évaluation
Description de la méthodologie d’élaboration des référentiels d’activités et de compétences et justification du niveau de qualification visé par le projet de certification (en lien avec les descripteurs de l’arrêté du 8 janvier 2019) et leur cohérence avec les moyens techniques, pédagogiques et d’encadrement.
Méthodologie d’élaboration des référentiels d’activités et de compétences – Journaliste tous médias :
L’élaboration du Référentiel du métier de journaliste tous médias a été conduite selon une démarche, mobilisant des sources variées et des experts du secteur, afin d’obtenir une représentation fidèle, actuelle et opérationnelle du métier.
1. Analyse documentaire et étude du secteur des médias
Une première phase a consisté en une analyse approfondie du paysage médiatique et des ressources professionnelles disponibles :
• rapports d’observation des médias (ARCOM, Observatoire de la presse, syndicats et sociétés de journalistes, organismes culturels et professionnels) ;
• fiches métiers institutionnelles (Onisep, France Travail,) ;
• offres d’emploi
• littérature spécialisée sur l’évolution du journalisme (transition numérique, nouvelles narrations, fact-checking, datajournalisme).
Cette analyse a permis de dégager les grandes missions du journaliste tous médias : recherche et vérification de l’information, angles éditoriaux, production de contenus, adaptation multimédia, maîtrise des règles déontologiques, utilisation d’outils numériques et multimédias.
2. Recueil d’expertise terrain
La construction des référentiels s’est appuyée sur des échanges avec des experts métiers :
• journalistes expérimentés (presse écrite, radio, TV, web) ;
• rédacteurs en chef, responsables d’édition, secrétaires de rédaction ;
• responsables de rédaction numérique et social media editors.
3. Structuration et formalisation des référentiels
À partir de l’ensemble des données, les référentiels ont été structurés de manière progressive :
• définition des activités clés du journaliste tous médias
• identification des compétences mobilisées pour chaque activité
Ces étapes nous ont permis de mettre à jour notre référentiel et d’y intégrer des outils indispensables aujourd’hui :
• L’utilisation de l’IA
• Les nouveaux canaux journalistiques (réseaux sociaux…)
• Les notions RSE et de transition numérique
France compétences est composée d’un Conseil d’administration, qui regroupe des représentants de l’État, des Régions, des organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatifs au niveau national et interprofessionnel, et des personnalités qualifiées.
La Commission de la certification professionnelle est constituée de membres nommés par le ministre du Travail, gage de son indépendance dans l’exercice de ses missions.


