VGE, disparition d’un président jeune

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Le président Valéry Giscard d'Estaing, grand amateur de sport. Ici, il salue les joueurs de Marseille le 12 juin 1976, lors de la finale de Coupe de France les opposant à l'Olympique Lyonnais. ©Icon Sport

L’ancien président de la Ve République Valéry Giscard d’Estaing s’est éteint ce 2 décembre 2020 à l’âge de 94 ans. Celui qu’on surnomme « VGE » a marqué sa carrière politique par sa modernité, notamment lors de son passage à l’Élysée.

• L’homme derrière la majorité à 18 ans

Fraîchement élu Président de la République en mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing mène la première réforme phare de son septennat dès le mois de juillet. Il abolit la majorité civile de 21 à 18 ans. Un projet de campagne défendu par un « Giscard » souhaitant s’aligner sur ses voisins européens. Cette mesure concerne alors 2.4 millions de Français. Un grand pas pour la jeunesse et pour son début de mandat.

• Instauration de l’IVG

Sans doute la plus grande loi adoptée lors de la présidence Giscard. En 1975, la ministre de la Santé Simone Veil défend à l’Assemblée, avec le soutien sans faille du chef de l’État, la loi de dépénalisation de l’avortement. L’IVG sera approuvée à l’unanimité dès le mois de janvier par le Parlement. Le duo Veil-Giscard d’Estaing va même une nouvelle fois œuvrer pour le droit des femmes, en établissant plus tard le divorce par consentement mutuel.

• Naissance de l’Europe moderne

Le mandat de Valéry Giscard d’Estaing dépasse aussi les frontières de la France, en s’intéressant à l’idée d’une force européenne commune, encore en chantier. Aux côtés du chancelier allemand Helmut Schmidt, VGE va activement participer dès 1975 à la création du FEDER, le principal fonds solidaire européen. Il va aussi se dire favorable à l’expansion de la Communauté économique européenne (CEE). La France sous Giscard voit alors naître une cohésion entre les états membres d’un Vieux Continent touché par la crise pétrolière de 1973.

• Un dîner chez les Français

Précurseur dans sa communication et dans la culture de son image, le Président Valéry Giscard d’Estaing est en quête de proximité avec les citoyens. Le soir du 22 janvier 1975, avec sa femme Anne-Aymone, il décide de se rendre chez la famille Cucchiarini pour un dîner médiatisé. Le chef de famille, encadreur parisien, offre toute une série de cadres pour la collection personnelle du Président sous l’œil des caméras. Un coup de com’ ultramoderne pour l’époque. Même s’il faut bien reconnaître qu’avec le temps, l’opinion publique se lassera de ces quart d’heures de gloire scénarisés.

• « Au revoir »

En 1981, le Président sortant échoue face à son adversaire socialiste François Mitterrand. Ces élections marquent le grand retour de la Gauche au pouvoir en France, et la fin du septennat de Giscard. Ses adieux aux Français en qualité de chef de l’État sont encore aujourd’hui ancrés dans la mémoire de toute une génération, et transmis aux suivantes. On se souvient évidemment du fameux « au revoir », prononcé face caméra le 19 mai 1981 au journal de 20 heures. En 2006, VGE était d’ailleurs revenu sur sa sortie improvisée et très commentée pour l’Express : « Je n’avais pas réalisé que la porte était si loin, ce qui m’a obligé à tourner le dos longtemps aux téléspectateurs ».

À notre tour de vous le dire. Au revoir, Monsieur le Président.