Une journée dans une école de journalisme

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Derrière ce sourire, cet étudiant cache une crise existentielle, après avoir perdu la totalité de son montage... ©Marie Monnier

Il est 8 heures et l’École du journalisme de Nice s’éveille. Bienvenue dans cet antre qui fonctionne à 100 à l’heure. C’est parti pour une journée rempli de passion, de créativité et peu de stress !

L’École du journalisme de Nice vient à peine d’ouvrir ses portes et les élèves de toutes années confondues se précipitent à l’entrée. Dans les escaliers, chaque marche parait de plus en plus haute pour ces jeunes mal réveillés. On pourrait presque les comparer à une horde de zombies affamés utilisant le peu d’énergie qu’il leur reste pour trouver de la chair fraîche. Mais une fois l’entrée de la salle de classe franchie, leur attitude change du tout au tout. Ils entrent dans une transe de professionnalisme rarement vue dans d’autres facultés. 

Silence, ça tourne ! 

Les deuxièmes années de Mastère partent en journée de média réel de télévision. Les idées de sujets fusent en conférence de rédaction. Certaines sont bonnes, tandis que d’autres… sont rapidement rejetées par le professeur, qui fait office de rédac chef. Il y a donc deux types d’étudiants, ceux qui sont prêts à partir en tournage et ceux qui paniquent, car ils ne trouvent ni sujet, ni intervenant. 

Une fois tous les reportages attribués, on a l’impression d’être en plein tournage à Hollywood. Des caméras, des trépieds, des micros… C’est très impressionnant, mais surtout un peu étouffant. Demandez aux commerçants et aux habitants du coin. Ils n’en peuvent plus des élèves qui leur demandent de passer devant l’objectif. Pourtant, on trouve toujours quelqu’un pour se prêter au jeu.

La journée sur le terrain terminée, c’est retour à l’école pour le montage. Au début, tout semble calme et paisible. La cohésion et l’esprit d’équipe règne dans les salles rouge et verte. Mais après quelques heures de dur labeur, le chaos s’installe. C’est la panique ! La course pour enregistrer ses voix-off en premier. Les coéquipiers se prennent la tête, tout le monde veut avoir raison. Faut-il finir le reportage sur le plan large de la rue ou le gros plan du chaton ?!

Le direct : ennemi public numéro 1

Rupture de stock de sujet pour cet élève ! Direction le journal pour trouver des idées. ©M.M

De l’autre côté du couloir, les troisièmes années de Bachelor vivent une expérience similaire, mais dans un autre média réel. Pour eux, c’est un journal radio qu’il faut préparer. Une fois de plus, la scène parait irréaliste. Une trentaine d’étudiants partent, micro à la main, dans toutes les directions. Ils gardent espoir de trouver une personne voulant bien répondre à leur question du jour. « Bonjour, excusez-moi de vous déranger, pourriez-vous me donner votre avis sur l’augmentation du prix du Ricard ? »

Une fois les précieuses réponses récoltées, les journalistes en herbe s’empressent de faire leur montage audio et s’entraînent à lire leur papier à voix haute. Une fois face au micro du studio radio, la pression du direct se fait ressentir. Certains sont tellement stressés qu’ils bégayent et grognent de frustration lors de leur passage en live. On peut même apercevoir au fond, dans un coin, un étudiant en pleine méditation pour tenter de se rassurer. Ne vous inquiétez pas pour eux, ces jeunes s’en remettront ! Et puis, ils n’ont pas vraiment le choix puisque qu’ils devront y retourner la semaine prochaine. 

Les machines à écrire 

Si vous êtes hypersensible, on ne vous conseille pas une salle remplie de journalistes en rédaction ! ©M.M

Dans les cours de presse écrite et de web, les sujets sont aussi intéressants qu’ils sont loufoques et hors du commun ! D’un côté, on peut apercevoir sur le tableau de la conférence de rédaction, un article sur les fusillades aux États-Unis et sur les féminicides. Puis de l’autre, un reportage dans une maison hantée et l’interview d’un drag-queen ! Toute la classe déboule dans les couloirs, armée de son portable. « Bonjour, serait-ce possible de vous interviewer pour mon article sur l’ouverture de la boite aux lettres du Père Noël ? ». 

Une fois les rendez-vous pris et les entretiens terminés, c’est l’heure de la rédaction. Les étudiants se retrouvent dans une course contre la montre. Ils ne leur restent que quelques heures pour rédiger leur article, avant le débrief en conférence critique. Seul le bruit de doigts contre les touches du clavier résonne dans les salles de classe. Clack clack clack ! S’ils n’étaient pas si concentrés sur leur travail, ces pauvres étudiants deviendraient fous avec ce bruit incessant !

Mais oui, mais oui ! L’école est finie ! 

Pour les premières années de Bachelor, les journées sont bien plus calmes ! 4 heures de droit pénal du journalisme… C’est du gâteau ! Mais ils n’ont pas intérêt à se reposer sur leurs lauriers, car dans quelques mois, eux aussi vont connaître le stress des médias réels. Qui a dit que le journalisme était facile ? Personne. À l’École de journalisme de Nice, on le sait !

Il est 19 h et il est temps pour l’école de fermer ses portes. Les étudiants descendent les escaliers d’une façon aussi lente et fatiguée qu’à leur arrivée ce matin. Certains sont au bout du rouleau. Après une telle journée, une douche bien chaude, un bon repas et une longue nuit, ça n’est pas de refus ! Malgré les soufflements de soulagement, chaque élève rentre à la maison avec plus d’expérience et d’assurance que la veille. Et demain ? On recommence !