Si j’étais… commentateur sportif

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les commentateurs de télévision, Pierre Salviac (D) et l'ancien international de rugby Thierry Lacroix (G), discutent, le 26 juin 2004 au Stade de France à Saint-Denis, lors de la finale du Championnat de France de rugby entre Perpignan et le Stade Français. AFP PHOTO STEPHANE DE SAKUTIN (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le métier de commentateur sportif est de faire vivre un match pour les téléspectateurs et les auditeurs. Mais ça ne se limite pas à cela. Le match commence dès le matin avec un énorme travail de préparation et de documentation pour être prêt au coup d’envoi. Le principe du “si j’étais…” est de se mettre en situation à la place d’une personne ou d’un objet pour une description plus complète et une immersion parfaite.

Si j’étais… commentateur sportif, je penserai à avoir ma ventoline, car j’aurai du mal à respirer à cause du stress. Lorsque j’arrive à neuf heures à ma rédaction, ce stress se transforme en énergie et me guide toute la journée. « Le match » se prépare bien avant le jour J. Lorsque je commente le Paris Saint-Germain, je me prépare deux jours avant. La forme des joueurs, les blessés et autres statistiques, tout doit être calibré.

Le jour du match, comme chaque journaliste, je fais ma revue de presse qui tourne souvent autour des blessures de Neymar, des suspensions de Verratti et autres marronniers de la presse sportive. Mais il y a aussi un côté plus technique : l’histoire, les enjeux, le contexte géopolitique, les statistiques, victoires, défaites, buts marqués, buts encaissés, la collecte d’informations est très exigeante. Tout me servira pendant le match et même pour les futures rencontres. Toutes informations sont bonnes à prendre. A dix heures et pendant 45 minutes, c’est la traditionnelle conférence de rédaction. Le rédacteur en chef nous donne des consignes que je note scrupuleusement sur des fiches qui me suivront jusqu’au stade. Par ailleurs, lors de cette réunion je reçois régulièrement de mon employeur des informations qu’il aimerait bien que je passe lorsque je commente un match. Je note immédiatement ce qu’il me dit sur des fiches, par peur d’oublier une information importante. Ces fiches serviront pour le match du jour.

Un sandwich vite avalé vers 14 heures et c’est déjà le moment de se diriger vers le stade. Je ne suis pas un as en cuisine, après tout, je suis journaliste non ?

Je m’installe trois heures avant le début de l’évènement dans la tribune de presse. Et là, je vais rester dans ma bulle, ma cabine de commentateur, seul au milieu de plus de 50 000 personnes. Là, le rythme s’accélère, les compositions d’équipes tombent, les joueurs reconnaissent la pelouse et les premiers champs résonnent dans les tribunes. Je rédige une douzaine d’anecdotes un peu croustillantes pour meubler les moments du match un peu faible. Grâce à cela, je maintiens l’attention de mon auditoire. Il ne faut pas oublier qu’il faut quand même des informations, je suis journaliste avant d’être commentateur non ? Lorsque le match démarre, c’est comme si j’étais sur la pelouse, je suis transcendé par l’évènement : mon métabolisme transforme mon stress en adrénaline !

21 heures, le match commence ! Sans aucun doute le meilleur moment de la journée. Tout est réuni pour que le moment soit magique : je suis en communion avec le stade, les supporters chantent et sautent. Cela me donne la motivation pour tout donner dans mes commentaires. Je suis dans une bulle. Je suis sur mon siège. Je suis spectateur. Mais je suis aussi acteur… Mes fiches savamment préparées dans la journée sont prêtes à être dégainées au moindre arrêt de jeu. Mes phrases sont courtes. Précises. Mes informations sont claires. Je n’ai qu’une mission : plonger le spectateur dans l’ambiance. Ça passe vite. Une vitesse folle, qui nous donne déjà envie d’être au prochain match.

Et comme les acteurs sur le terrain, je peux libérer la pression. Les jeux sont faits. Déjà, je me pose des questions : est-ce que j’ai été bon ? Est-ce que je ne suis pas passé à côté de cette action ?… Le journalisme, c’est la remise en question permanente. Il est déjà l’heure de grignoter et de boire un café tout en débriefant du match avec mes confrères. Avant de quitter l’enceinte, un dernier débrief avec les équipes techniques s’imposent, mais très vite cette discussion de travail se transforme en débat acharné autour de notre passion à tous : le ballon rond. Ce ballon qui est toujours dans ma tête lorsque je me jette dans les bras de Morphée. Une journée de plus qui s’achève et je pense déjà à celle de demain, après tout je suis journaliste non ?

14h : Écriture de la feuille de match détaillé qui aide le commentateur pour ses explications
21h : Début du match. Le meilleur moment pour le commentateur