Récit d’étudiants français confinés en Irlande

0
475
Devant son cours en distanciel, Lucie Commisaire reprend sa routine de confinement. ©Lucie Commisaire

L’Irlande est le premier pays de l’Union européenne à avoir opté pour un reconfinement. Trois semaines après la mise en vigueur de ces mesures, les étudiants Français partis poursuivre leurs études outre-Manche encaissent le coup.

« Je suis en train de perdre une année de ma vie », lâche Anne-Laure Villa d’un air dépité. Arrivée à Dublin il y a à peine un mois dans le cadre de sa troisième année d’études, la future titulaire d’un Bachelor en journalisme s’inquiète. « On va perdre presque un semestre. Je vais très peu améliorer mon anglais et je vais continuer de payer un loyer cher, mais j’ai décidé de m’adapter ». Après un long blanc ponctué d’un souffle de désespoir, elle tente de rester positive. « Entre Français, on a décidé de se serrer les coudes. On va essayer de se voir ou manger ensemble car on ne peut plus sortir pour se changer les idées ». Dans une allocution télévisée du 26 octobre dernier, le Premier ministre irlandais annonçait la fermeture des restaurants et bars. Seule possibilité pour eux : la vente à emporter.

Même son de cloche pour son amie Margot Lafon. Malgré une situation très différente, la jeune azuréenne de 20 ans, située en dehors du campus, a décidé de rentrer en France. « À 5 heures du matin on avait nos billets, aujourd’hui à 16 heures on sera en France. » Même si elle avoue ne pas avoir hésité, la Niçoise reste surprise par la rapidité des évènements . « J’ai entendu la nouvelle en faisant mes courses. Le soir même le confinement a été annoncé. Tout est allé très vite mais ça ne m’étonne pas. Les Irlandais prennent très au sérieux cette crise sanitaire ».

Toutes les deux étudiantes à la Griffith College of Dublin, elles n’ont eu aucune communication de la part de l’établissement pour le moment. Les cours étaient déjà à 90% en distanciel avant l’annonce du Premier ministre.  Avec plus de 1900 décès depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le nombre de cas positifs reste sous contrôle. Actuellement, une dizaine de décès est prononcé chaque jour contre 77 en avril dernier. L’objectif du gouvernement est clair : sauver Noël.

Une situation différente en dehors de la capitale

À une heure de route de Dublin se trouve Limerick, ville de 95 000 habitants. Lucie Commisaire, étudiante en DIUT technologique a entendu la nouvelle à la radio de son taxi. Lieu qu’elle fréquente souvent en bus, ayant un appartement assez éloigné de la ville. Selon la petite brune au sourire toujours attaché aux lèvres, le confinement avait presque déjà commencé. « Ça fait déjà un mois que je ne sors pas de Limerick. L’annonce ne va rien changer à ma routine ».

En alerte de « niveau 4 » depuis un mois, les Irlandais avaient l’interdiction d’inviter du monde chez eux ou d’effectuer des longs déplacements. Seuls les métiers prioritaires et indispensables peuvent faire une entorse à la règle. Rassurée par ses parents et malgré la barrière de la langue, la titulaire d’un IUT Digital Marketing a décidé de rester. « Je suis en colocation, je ne serais pas vraiment seule. Mes parents m’ont demandé ce que je voulais faire. Ils n’étaient pas paniqués, on commence à être habitué au confinement, malheureusement ». Pour l’heure,Anne-Laure, Margot et Lucie sont loin d’oublier leur séjour irlandais.