Qui est Luis Arce, le nouveau président de la Bolivie ?

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Le premier président de la nouvelle république bolivienne en 1825, Simon Bolivar, a inspiré le nom de son pays. ©Pixabay

Le dauphin de l’ex-président, Evo Morales, remporte l’élection présidentielle avec 52,4 % des voix. Après quatorze ans à la tête de l’économie du pays, que sait-on réellement de celui que ses partisans socialistes appellent « Lucho » ?

« Nous avons récupéré la démocratie et, surtout, nous avons récupéré l’espérance », a déclaré Luis Arce à l’issue de sa nomination à la tête du pays. À 57 ans, il devient le 82e président de la Bolivie. Cette victoire marque le retour au pouvoir du Mouvement vers le Socialisme (MAS), après la démission d’Evo Morales en novembre 2019.

Ancien professeur d’économie

Luis Alberto Arce Catacora est né le 28 septembre 1963, à La Paz. Issue d’une famille de classe moyenne, il obtient un diplôme en économie, puis une maîtrise en science-économie. Durant dix-huit ans, il met sa passion pour les calculs et les chiffres au service de la Banque centrale bolivienne. Alors étudiant, Luis Arce se définit déjà comme un fervent socialiste. En 1990, il fonde un groupe de discussions et d’analyse en faveur de la transformation économique. Ses premiers pas dans le monde politique commencent en janvier 2006. Il devient ministre de l’Économie et des Finances publiques, sous la présidence d’Evo Morales. Il occupe ce poste jusqu’en novembre 2019. Il faut noter un bref arrêt de ses fonctions, durant un an et demie, puisque le Bolivien se bat contre un cancer du rein. Grâce à ses actions, les Boliviens le considèrent comme le « père du miracle  économique ». Le PIB du pays a été multiplié par quatre entre 2004 et 2014. Le taux de pauvreté est lui passé de 60 % à 37 % en l’espace de dix ans.

Une campagne semée d’embûches

Nommé par le MAS comme le seul candidat de la gauche capable de remporter l’élection présidentielle, Luis Arce doit cependant prouver une certaine légitimité. Le 30 juin 2020, le pouvoir bolivien le poursuit pour « dommages financiers » lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’Économie. D’autres accusations viennent troubler sa fin de campagne. À quelques jours du premier tour, deux enquêtes successives s’ouvrent. Il est accusé d’avoir participé à la fraude électorale de 2019, mais aussi d’enrichissement illicite. 

  « Nous n’avons pas encore de décompte officiel, mais d’après les données dont nous disposons, Luis Arce et David Choquehuanca ont remporté les élections. Je félicite les gagnants et je leur demande de gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie », Tweet de l’ex-présidente par intérim, Jeanine Añez Chavez.

Une victoire écrasante

Dimanche 18 octobre, après de longues heures d’attente, le résultat tombe. Luis Arce accède au plus haut sommet de l’État. Il devance de vingt points (52,4 % contre 31,5%) son principal rival de droite, Carlos Mesa. Jeanine Añez, présidente par intérim, félicite l’heureux gagnant et son bras-droit, David Choquehuanca : « Je félicite les gagnants et je leur demande de gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie ».