Nouvelle Calédonie : du déconfinement à « l’alerte rouge »

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Météo France indique que les épisodes orageux de ce type se produisent une fois tous les deux ou trois ans./ Photo Florine Lepers.

Faux départ pour la Nouvelle-Calédonie. Après avoir passé quatre semaines confinés pour lutter contre la propagation du COVID-19, les 270 000 habitants de l’archipel ont dès lundi 20 avril pu redécouvrir la liberté d’aller et venir. Cela était sans compter sur une météo capricieuse qui en a décidé autrement. 

Ce 20 avril, le paysage n’avait aucune allure de carte postale. Des pluies torrentielles se sont abattues sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. D’importantes averses ont engendré une montée rapide du niveau des eaux. Les accès à certaines communes et tribus sont devenus impraticables par les locaux dus à d’importantes inondations et des rivières sorties de leur lit. Les fortes pluies qui s’abattent sur la Nouvelle-Calédonie depuis la nuit dernière sont particulièrement intenses sur les communes de la côte Est. Deux cents millimètres d’eau sont tombés à Thio en seulement deux heures. Les rafales de vent ont fait trembler les palmiers d’habitude si calmes. Dès ce lundi matin, le président Thierry Santa et la Sécurité Civile ont lancé le plan ORSEC et placé plusieurs communes dont Yaté, Thio, ou encore Poindimié en vigilance rouge « fortes pluies et orages ». La gendarmerie, également, n’a donné qu’une seule consigne a respecter : « même si le déconfinement commence aujourd’hui, restez chez vous ». En effet, avec aucun décès et seulement dix-huit cas (depuis le 4 avril), l’archipel est le premier territoire de la France à mettre en oeuvre une stratégie de déconfinement progressif. 

Seule la côte Est de la Nouvelle-Calédonie est placée en vigilance rouge « fortes pluies et orages », tandis que le reste de l’archipel est placé en vigilance jaune et orange « vent violent »./ MétéoFrance

Une journée de confinement en plus

Après un mois de confinement, cette journée tant attendue par l’ensemble de la population ressemble à la précédente. « Depuis ce matin, c’est le déluge. On attendait ce jour avec impatience, mais la première journée de déconfinement a été une journée de confinement en plus », explique Florine Lepers très déçue face à la situation. Arrivée en Nouvelle Calédonie il y a six mois, elle travaille en tant que professeure d’espagnol dans un collège privé situé dans une commune de la province nord de l’île du nom de Poindimié. À Nouméa, la capitale, malgré la météo, la vie a repris son cours. Les commerces, services et entreprises ainsi que les écoles ont rouvert leurs portes. Lundi, en fin de journée, l’alerte a été levée pour une grande partie de l’archipel. L’axe orageux s’est décalé vers le sud d’après les dernières annonces de Météo France. « En fin d’après-midi, j’ai pu enfin sortir et me rendre au village pour retrouver mes amis que je n’avais pas vus depuis un mois. Ici, il est bientôt dix-neuf heures alors on se prépare pour fêter le déconfinement comme il se doit », s’exclame Florine Lepers, ravie. 


Florine Lepers se trouve actuellement à Poindimié en Nouvelle-Calédonie. Elle a accepté de nous donner son ressenti sur la situation de l’archipel face au Coronavirus COVID-19.