Migrants à Vintimille : « Nous sommes en train de revenir en 2016 »

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Un groupe de migrants attend la distribution de sacs de vivres devant l’association Caritas. ©Arthur Glory

Depuis la fermeture du « Camp de Roya », dernier lieu d’accueil pour les migrants en transit par Vintimille, ces derniers sont livrés à eux-mêmes. Les associations sont alors leurs unique soutien. Aujourd’hui plus que jamais, être migrant aux portes de la France n’a jamais été aussi difficile.

« Avant le démantèlement du camp le 31 juillet dernier, nous servions près de 40 repas quotidiennement, aujourd’hui nous en servons le double ». En amont de la gare de Vintimille, une file se forme. Devant l’association Caritas, une cinquantaine de migrants attendent. Cristian Papini est le directeur du centre, cet éducateur professionnel depuis 1994 ne peut que constater l’afflux massif de migrants. Érythrée, Maroc, Gambie ou encore Afghanistan, les réfugiés se retrouvent à dormir dans les anciens locaux abandonnés de la Croix-Rouge italienne ou encore sous les ponts de la ville. « Nous sommes en train de revenir en 2016 , à cette époque les migrants arrivaient par milliers ici, sans aides » poursuit le directeur. « Il y a 3 semaines l’un d’entre eux a tenté de se suicider, il y a même pas une semaine un autre est mort électrocuté sur les rails, et pourtant rien n’est fait », s’insurge Cristian Papini tout en aidant les bénévoles à distribuer de précieux sacs de survie.

Devant les barrières du centre, un groupe chahute, des migrants afghans essaient de doubler. « Aujourd’hui nous aidons le plus de réfugiés possible, en distribuant de la nourriture, en facilitant leurs démarche administratives, mais hélas nous sommes obligés de refuser des gens », désespère l’éducateur. Même constat du côté de la Croix-Rouge italienne. Valter Muscatal, membre de l’association explique : « Nous nous concentrons surtout sur l’apport de vivres ou encore la distribution de couvertures aux femmes et enfants en transit ».

Un lieu de transit difficile

« La situation est devenue difficile ». Pour Abdoul Salam Banse, réfugié politique du Burkina Faso, la fermeture du camp est la source de l’augmentation de la précarité chez les migrants. Arrivé dans le camp de Roya il y a 4 ans, le jeune homme de 23 ans a pu bénéficier d’aides qui aujourd’hui n’existent plus. Pour Valter Muscatal, il est l’exemple du migrant « intégré ». Pourtant le Burkinabé vit toujours dans la misère. Résidant en permanence au centre de la Croix-Rouge italienne, Abdoul Salam Banse a trouvé un travail dans les champs aux alentours de la ville. L’association l’aide à obtenir ses papiers et subvient à ses besoins les plus basiques. « J’étudie et essaie de m’intégrer pourtant il y a toujours des gens qui ne sont pas bienveillants avec nous », poursuit le réfugié. Ses amis migrants ne sont pas tous aussi bien lotis : « Ils attendent et attendent encore », explique le jeune homme. Condamnés à rester aux abords de la gare à attendre ou à déambuler dans les rues de Vintimille, les migrants sont pour la plupart en transit. Un court séjour chaotique qui, s’il s’allonge, pourrait bien devenir dramatique.