Ligue 1 : pourquoi un championnat à 18 clubs est une bonne idée ?

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Le débat sur une Ligue 1 à 18 équipes est définitivement lancé. ©Icon Sport

Le président de la Ligue de Football Professionnel (LFP) Vincent Labrune a fait resurgir l’éternel débat sur une Ligue 1 à 18 équipes. Loin d’être méconnu dans l’Hexagone, ce format réduit, en vigueur en Allemagne, pourrait apporter un nouveau souffle à l’élite du football français.

Il est loin, le temps où une Ligue 1 à 22 équipes était discutée. C’était pourtant encore d’actualité au mois de juin dernier. Désormais, la question en vogue, c’est celle-ci : la Ligue 1 va-t-elle réduire le nombre d’équipes engagées dans un futur proche ? De nombreuses voix fortes du ballon rond poussent en ce sens. La question a été lancée par Vincent Labrune, président de la LFP. En conférence de presse, le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps a corroboré l’idée : « Ce serait tirer le foot français vers le haut », a-t-il déclaré. Si les potentielles retombées économiques positives restent à prouver, l’hypothèse apparaît comme alléchante sur le plan sportif. Mais alors, quels arguments concrets sont avancés par les défenseurs d’une Ligue 1 composée de 18 formations ?

Le passé : la preuve d’une réussite

Il convient de rappeler que la Ligue 1 a déjà connu des saisons articulées autour de 18 clubs. En fait, l’histoire du championnat a même été ponctuée d’un aller-retour régulier entre 20 et 18 équipes. Le format est donc inscrit dans son ADN, ça serait loin d’être une expérimentation nouvelle. Celles et ceux qui ont connu la compétition à 18 (entre 1946 et 1970, puis de 1997 à 2002) relatent beaucoup de positif, avec des exercices qui restent mémorables et une qualité de jeu tirée vers le haut. Le modèle de la Bundesliga peut être utilisé par les institutions du football français. Le championnat allemand, depuis longtemps disputé entre 18 formations, témoigne d’une réussite exemplaire.

Plus de compétitivité

Quand Didier Deschamps indique : « Je fais partie de ceux qui pensent que plus l’élite est resserrée, mieux c’est », ou lorsque Vincent Labrune affirme qu’une Ligue 1 à 18 est « obligatoire, sinon nous mourrons d’ennui en matière de spectacle », c’est pour mettre en exergue un argument de compétitivité. Réduire le nombres de clubs engagés revient à dégonfler le « ventre mou » du championnat. Ce n’est pas un gage d’homogénéité entre les niveaux des équipes, mais un moyen de se délester de rencontres parfois « en trop », qui dégagent peu d’intérêt, notamment en fin de saison. Moins d’équipes, cela signifie moins de matches et par extension une meilleure récupération. Une chance pour être plus performant en Coupes d’Europe, à l’image de l’AS Monaco, demi-finaliste de la Ligue des Champions en 1998.

Équilibrer les calendriers

Si l’on considère la totalité des matches aller-retour d’une Ligue 1 à 18, ce sont quatre rencontres de championnat qui disparaissent du calendrier, et ce n’est pas négligeable. En plus du coronavirus, qui affecte certains joueurs, de nombreuses blessures ont été constatées depuis la reprise du championnat français. Sans doute en raison d’un calendrier surchargé. Moins d’entraînements, plus de matches, surtout pour les équipes participant à une Coupe d’Europe (trois rencontres par semaine). Une donnée exacerbée par la modification du système des pauses internationales. La création de la Ligue des Nations a fait passer le nombre de rencontres de deux à trois par trêve, le tout sur sept jours.