Le Joker : « l’homme qui rit »

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Le Joker a franchi le milliard de dollars au box-office mondial. / Photo libre de droit

À l’affiche depuis le 9 octobre, The Joker de Todd Phillips retrace l’histoire du méchant le plus célèbre de l’univers Batman. Portrait de cet anti-héros, qui malgré une vie sombre entre malheur et violence, continu de garder le sourire.

Il est l’opposé du chevalier noir, son image en miroir inversé. Même si sa célébrité s’est faite parce que Batman est à ses trousses, le Joker cache derrière son maquillage une histoire encore plus effrayante que l’image qu’il renvoie. Crée il y a 74 ans, son visage est inspiré de celui de Conrad Veidt, qui interprète l’homme qui rit dans l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Victor Hugo. Dans ce livre, le héros se fait attraper par des malfrats qui lui taillent un sourire, d’une oreille à l’autre. Le personnage du Joker est donc quelqu’un de mutilé, d’agressé, de défiguré. Un nez crochu, un menton pointu, un sourire effrayant : son visage est devenu incontournable avec cette image du clown prince du crime, poussée à l’extrême.

À la fois drôle et effrayant, attachant et repoussant, il ne faut pas oublier que Joker signifie : bouffon. Celui qui fait rire. Non pas qui se contente de rigoler, mais qui fait rire ou du moins essaye d’amuser les autres. Et ce trait de caractère est bien représentatif du Joker : il incarne la folie. Mais une folie assez dissimulée, qui lui permet de ne pas totalement sombrer dans la démence. Le personnage exprime même des sentiments, notamment pour son alterego. « Sans Batman le crime est une blague sans chute » explique t-il dans la série animé. Les deux « héros » se complètent. Des sentiments, il en a aussi pour Harley Queen, sa psychologue qu’il a réussi à attirer dans sa folie. Au cours de ses apparitions, celle que tout le monde considère comme son bras droit est également sa femme. Celle qu’il aime. Le Joker n’est peut-être pas si cruel que ça finalement.

L’objectif du Joker

Si dans toutes les apparitions qu’il a pu faire, le but du Joker est bien différent, c’est parce qu’en réalité, il n’en a pas. Certes, il a peut-être celui de vouloir contrôler le crime à Gotham, mais en réalité le Joker est une personne sans but. Il le dit lui-même dans The Dark Knight, « je suis un petit chien qui court derrière une voiture, je ne sais même pas ce que je ferais le jour où j’en rattrape une ». Comme tout un symbole. Celui des personnes qui, sans aucun but, se retrouve a sombrer. Ici cette représentation de la solitude est peut-être poussée à l’extrême, néanmoins l’incarnation du Joker représente les gens seuls. Au-delà d’être un simple méchant, ce personnage est une incarnation d’un sentiment, d’un état de conscience ou même d’une idée.

 Le long métrage occupe la tête du box-office français pour la quatrième semaine consécutive, avec un total de 4,6 millions d’entrées. / B.O WarnerBros France