Génération Identitaire : un groupuscule d’actions polémiques et médiatiques depuis 2012

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Génération identitaire compte aujourd'hui une centaine de militants en France. ©Facebook Génération Identitaire

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé début novembre la possible dissolution de Génération Identitaire. Considéré comme un mouvement politique d’extrême droite, ce groupe a marqué depuis 2012 par ses manifestations non violentes mais à l’un impact médiatique important.

« Néofascisme », « islamophobe », « nationaliste blanc », « régionaliste ». Ce sont les termes qu’utilisent les spécialistes d’aujourd’hui pour ce mouvement politique. Il est créé en 2012 par Damien Rieu et Julien Langella, deux militants d’extrême droite. Ils deviennent la branche jeunesse de « Bloc Identitaires ». Mais en 2016, le mouvement devient autonome et commence à réaliser des actions d’envergure pour une « bataille culturelle » en France.

2012 : la première action d’envergure à Poitiers

La Grande mosquée de Poitiers est en chantier. Le 20 octobre 2012, plus de 70 militants de Génération Identitaire font irruption et prennent possession du toit et des salles de prières. Leur marque de fabrique : des banderoles aux messages clairs et dirigés vers des groupes de personnes précises. Pendant plusieurs heures, les membres du mouvement vont afficher des messages comme : « Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi », « À Poitiers, ni mosquée, ni kebab », ou encore des banderoles qui vont inciter à l’affrontement avec la communauté musulmane. Après des heures de négociations, les forces de l’ordre interpellent sept personnes et cinq d’entre elles vont être condamnées. Mais en juin dernier, en appel, tous les militants sont relaxés pour un défaut administratif de la part du ministère de la Justice. Une première action qui fait tout de même déjà réfléchir le gouvernement sur une possible dissolution de Génération Identitaire et ce, dès 2012.

La jungle de Calais : leur principale cible en 2016

Au centre de l’actualité avec la présence de nombreux camps de migrants, la ville de Calais va être encore sous le feu des projecteurs. Une centaine de militants du groupe d’extrême droite viennent dans la ville. Ils ne vont pas chercher l’affrontement mais vont bloquer deux ponts. Deux voies qui faisaient le lien entre le centre-ville de Calais et la « jungle de Calais ». La raison donnée pour leur venue : une « dégradation des conditions de vie des habitants de Calais à cause des migrants ». À ce moment-là, de nombreuses personnes sont dans ces camps et souhaitent rejoindre l’Angleterre. Ils vont bloquer ces ponts à l’aide de pneus, de tonneaux et de fumigènes. 14 militants seront interpellés par les CRS présents sur place. Cette action va mettre en lumière le discours anti-migrants de Génération Identitaire.

La « Mission Alpes » en 2018

Un nom de code bien précis pour cette manifestation. Une action qui va accélérer la politique anti-immigration de ce mouvement d’extrême droite. En avril 2018, il vont mener des patrouilles dans les Alpes sur la frontière franco-italienne. Leur objectif est d’éviter que toute personne ne traverse la frontière. Si c’est le cas, ils ramènent ces personnes aux autorités ou sur la partie italienne. Ils le feront à la fois de jour mais aussi de nuit. Ils afficheront de nouveau des banderoles avec pour messages : « Frontière fermée. Vous ne ferez pas de l’Europe votre maison. Hors de question. Rentrez chez vous ». Une opération de communication surtout pour se faire entendre dans la sphère politique. Chose faite mais négativement car la plupart des responsables politiques et notamment de gauche, demandent d’organiser la dissolution.


« De l’argent pour les Français, pas pour les étrangers » à la CAF de Bobigny

Le 29 mars 2019, plusieurs militants rentrent et prennent le toit de la Caisse d’Allocations Familiales de Bobigny avec cette banderole en rouge vif. Des fumigènes sont également allumés. Une action de plus dans leur politique anti-immigration, leur principal combat. Ils vont être rapidement sortis par les forces de l’ordre et par des membres du service public. Plusieurs militants seront jugés pour violation de domicile puisque aucune dégradation n’a été déplorée. Pour la deuxième fois, le gouvernement va étudier une possibilité de dissolution. Mais certains hommes politiques vont les défendre comme Gilbert Collard du Rassemblement National : « Le gouvernement ferait mieux de dissoudre les mouvements des Blacks blocs, les membres de GI n’ont jamais été surpris en train de casser, de piller ». Autre problème évoqué par des historiens, une partie de la population française commence à partager les idées que prône ce groupe d’extrême droite. Une décision qui devient plus difficile de jour en jour pour le gouvernement.

L’affaire de la banderole en 2020

Le 13 juin, une manifestation est organisée à Paris contre le racisme et les violences policières. Génération Identitaire décide de s’approprier le moment en apposant une nouvelle banderole sur un toit avec pour message: « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc – White Lives Matter ». L’image est relayée sur l’ensemble des chaînes d’information. Mais les habitants décident de la déchirer. L’affiche sera complètement enlevée par un youtubeur connu pour escalader les façades dans Paris.