vendredi, octobre 15, 2021
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Et si la présidentielle de 2022 se jouait sur la sécurité ?

Plus qu’un an avant l’élection présidentielle et la course est déjà lancée. Alors que la liste des candidats se précise, le thème de la sécurité revient sur le devant de la scène. Entre stratégie politique et réel intérêt pour la proximité, entretien avec Christian Vallar, doyen de la faculté de Droit et Science Politique.

Un « grand entretien » dans le Figaro le 18 avril, une rencontre avec des policiers à Montpellier le 19 avril. Nul doute, Emmanuelle Macron lance une offensive sur la sécurité depuis plusieurs semaines. Ajouté à cela, une attaque terroriste envers un agent de police à Rambouillet vient renforcer le climat sociétal déjà bien tendu. À un an de la présidentielle, le président mise sur une stratégie efficace, celle de la sécurité. Christian Vallar éclaircit le sujet.

« Pour 70% des compatriotes, la sécurité est un vrai problème »

Arborer les quatre coins de la France afin de conquérir le terrain de la sécurité permet aussi au chef de l’État de donner une image de proximité avec ses électeurs. Selon Christian Vallar, Doyen de la faculté de Science Politique, 70% des Français considèrent la sécurité comme un vrai problème. On pourrait croire qu’il marche sur les plates bandes de ses adversaires directs dont le thème est ancré dans les traditions depuis longtemps.

D’autant plus que de nouvelles formes d’insécurité émergent. À l’image de la cyber-insécurité. Depuis le début de la crise sanitaire, la France a connu plus de 192 cyberattaques contre 54 en 2019. Une nouvelle forme d’insécurité sur laquelle le gouvernement porte un regard sensible. Cette dernière se développe alors que la pratique du télétravail se généralise dans la France entière.

86% des Français prendraient en compte la lutte contre l’insécurité dans leur vote en 2022

Évolution des intentions de vote depuis janvier 2021. ©Julie Druot

Selon un récent sondage de l’institut Ifop paru dans le Journal Du Dimanche, « 86% des Français prendraient en compte la lutte contre l’insécurité dans leur vote pour la présidentielle de 2022 ». Du pain bénit pour Emmanuel Macron et sa rivale Marine Le Pen. Une sorte de combinaison gagnante pour le tirage final qui aura lieu dans moins de 365 jours.

Le JDD nous annonce par ailleurs que « la préoccupation sécuritaire a bondi de 26 points depuis mai 2020 ». Et pour cause, il n’y a pas qu’à droite que le sujet interroge. Toujours selon le même sondage, les électeurs socialistes s’avèrent touchés par la sécurité qu’ils considèrent à plus de 70% de leurs priorités.

La sécurité, une préoccupation de fin de mandat évidente

Emmanuel Macron multiplie les actions en faveur de la sécurité. La très controversée loi « Sécurité Globale », en fait partie. Mais pas seulement. Le président s’attache à renforcer les questions de laïcité en luttant contre le séparatisme. Il s’attaque aussi au sujet des violences policières en reconnaissant certaines bavures. Le plus important reste la manière de se faire entendre sur le sujet. Asséner toujours plus les mobilisations. Comme en septembre avec le Séminaire gouvernemental relatif à la sécurité ou encore un mois plus tard, cette réunion entre Jean Castex et les syndicats de police visant à « resserrer les liens entre les forces de l’ordre et la population puis renforcer le statut des policiers ».

Il débutait son mandat avec la mise en place d’une amende pour les fumeurs de cannabis. Mesure accompagnée dernièrement d’une volonté « d’un grand débat national » sur la consommation de drogues après avoir clairement mis l’accent sur le renforcement du démantèlement des trafics de stupéfiants. Résultat ? Comme l’explique Christian Vallar, les individus concernés se révoltent. Des rixes éclatent sur les lieux de deal. Et les récupérations politiques de ces actes se matérialisent d’un côté à l’autre de l’échiquier politique.

Le retour d’un match entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour le second tour

Les instituts de sondage annoncent la même tendance depuis des mois. Emmanuel Macron serait rejoint par Marine Le Pen au second tour. C’est aussi dans la mesure de cette quasi-certitude qu’il est possible d’axer sa campagne sur des thèmes partagés par les deux adversaires. À noter que le candidat de la droite (LR/DVD) n’est à ce jour toujours pas révélé. Trois noms répondent à l’appel pour le moment : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Bruno Retaillau. En fonction du candidat, les pourcentages d’intention de votes changent. Le versus de l’an passé que l’on pourrait presque qualifier de « classico » apparaît comme l’issue la plus probable.

La chance du président de la République réside dans le fait que les sujets de prédilection de Marine Le Pen sont relativement proches de Xavier Bertrand qui, pour le moment, paraît occuper la troisième place du tableau. Tous les candidats n’ont pas joué leur dernière carte et certains mêmes ne font toujours pas partie de la liste.

La sécurité dans tout cela ? Un cheval de bataille. Pour cette présidentielle 2022, les candidats font face à un sujet brûlant aisément récupérable. Même si Emmanuel Macron ne doit pas user de sa position de chef de l’État dans sa campagne, difficile d’imaginer que ces différents déplacements ne l’aident pas dans sa (re)conquête de l’électorat français.

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