« Dis moi, tu l’aimes ton Pédro ? »

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Pierre Bénichou est décédé ce mardi 31 mars à l'âge de 82 ans - © RTL

Le beau Pedro a dansé son dernier tango à l’âge de 82 ans, ce mardi 31 mars. Mais comment écrire la nécrologie d’un homme qui était le pilier de cet exercice ô combien difficile ? Pierre Bénichou était, à ne pas en douter, un sacré personnage. À la simple évocation de son prénom, un sourire se dessine forcément sur le visage de tous ceux qui l’ont déjà entendu parler. Pédro, le roi du tango savait faire rire les gens avec une facilité digne des plus grands. Peut-on réellement évoquer ce grand homme sans évoquer Marcel son beau-frère ? Ou la trompette ? Ou encore cette célèbre phrase de Coluche à qui il a donné un second souffle : « S’il y avait un championnat du monde des cons, tu serais numéro 2. Et tu sais pourquoi ? Parce que t’es trop con pour être premier ! »

Le 12 mars, lors de sa dernière apparition dans l’émission des Grosses Têtes de Laurent Ruquier, il déclarait avec assurance et toujours avec un ton rieur : « Et ne vous dites pas : « ça y est ça doit être lui » à chaque fois qu’on annonce qu’il y a un vieux qui meurt hein ! » Un dernier rire et puis s’en va. Pour autant, les phrases mythiques du « plus beau bébé d’Oran » ne seront pas faciles à oublier : allant de Rex, à son imitation sans égale de Zinedine Zidane ou bien encore sa célèbre Modus. Tant de moments de radio qui ont marqué les esprits des plus vieux et des plus jeunes. Parce que c’était aussi ça la force de Pierre Bénichou : être un boomer hors pair tout en continuant de charmer la nouvelle génération.

« Si je la connais ? Je l’ai niqué »

Pierre Bénichou, ce sacré personnage qui pouvait citer un poème de Baudelaire de tête et enchaîner toujours un sourire en coin en évoquant les plus belles femmes du monde : « Si je la connais ? Je l’ai niqué ». Un franc-parler qui le définissait par-dessus tout. Grand journaliste, avec une culture générale incommensurable et une plume splendide. Il suffit d’ouvrir n’importe quelle page de son oeuvre Les absents, levez le doigt! pour ne plus en douter. Rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur, il aura eu un rôle de l’ombre : il a réécrit les textes des autres, les titres aussi, mais n’écrit que très peu sauf pour rédiger de beaux portraits et des nécrologies grandioses, surtout de personnes qui ont marqué sa vie. Alors homme de l’ombre peut-être, mais il aura marqué le monde du journalisme français comme peu d’autres avant lui. Véritable homme touche-à-tout, il est aussi passé par le théâtre et le cinéma. Pas toujours réussi d’ailleurs… Souvenons-nous de Turf !

Tout compte fait, il est impossible d’évoquer la mémoire de Pierre Bénichou sans parler aussi des femmes du premier rang des studios RTL. Le beau Pédro qui se donnait une image de dragueur invétéré a, jusqu’au bout, été fou amoureux d’Alix Dufaure, sa femme décédée en 2012. « Dis moi, tu l’aimes ton Pédro ? » demandait-il souvent aux auditrices par téléphone. Un « oui » s’exclame du fond du coeur, aujourd’hui. À ne pas en douter, la France a aimé et aimera toujours cette plume sublime, cette mauvaise humeur constante et ces histoires hors normes.

Pierre Bénichou aux Grosses Têtes en 2016.