Contraception : elles, mineures et enceintes

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Une boîte de pilule coûte entre 2 et 30 euros, certaines ne sont pas remboursées © Alice Dubernet

Les jeunes filles de moins de 15 ans pourraient bientôt avoir accès gratuitement à la contraception.

Aujourd’hui encore, en France, de nombreuses adolescentes entre 12 et 14 ans tombent enceintes. Pour le gouvernement ces scores s’expliquent par le manque d’accès à une contraception. Pour y remédier une modification de loi est proposée.   

Pilule, stérilet, préservatif, les moyens de contraceptions ne manquent pas, mais sont-ils accessibles à toutes ? Pour les jeunes femmes mineures de plus de 15 ans il est possible de se faire rembourser intégralement. Au-dessus de 18 ans la pilule est remboursée en grande partie par la sécurité sociale, puis un reste à charge de quelques euros souvent payés par la mutuelle ou le tiers payant.

Mais alors qu’en est-il des jeunes filles avant l’âge fatidique de 15 ans ? Jusqu’à présent elles doivent assumer totalement le coût de leur contraception. Une situation que le gouvernement étudie dans le cadre de l’avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020. Pour tout comprendre il est nécessaire de faire un rapide retour en arrière : c’est en 2013 que la contraception intégralement remboursée rentre en oeuvre pour les adolescentes entre 15 et 17 ans. Il est donc aujourd’hui question de l’élargir pour inclure les filles à partir de 12 ans. 

Plus de remboursements, moins d’avortements

À terme cette mesure pourrait aussi bien être sociale que financière. Permettre à toutes un accès à la contraception. Selon les chiffres environ 1000 adolescentes entre 12 et 14 ans tombent enceintes. 700 à 770 d’entre elles décident d’avoir recoure à une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Une intervention de cet ordre peut coûter 193 euros pour une IVG médicamenteuse jusqu’à 664 euros pour une IVG instrumentale. Un total pris en charge à 100% par la sécurité sociale, que la personne soit majeure, ou non.

Cette nouvelle loi pourrait alors éviter des dépenses et surtout des souffrances à ces mineures. Ces nombreux avortements évités pourraient aussi empêcher des situations délicates entre parents et enfants puisque même mineure une jeune femme donne le dernier mot en question d’avortement. Elle est la seule et l’unique décisionnaire de l’avenir de sa grossesse. Personne ne peut forcer une mineure à avorter, même ses parents, sous peine de 5 ans d’emprisonnement et de 76 224 euros d’amende.

À l’inverse personne ne peut le lui interdire non plus, si les parents de la jeune femme n’approuvent pas l’avortement elle peut se faire accompagner par n’importe quelle autre personne majeure de son choix. Même si cette proposition d’élargissement de la loi n’est encore qu’à l’étude, les chiffres de recours à l’IVG depuis 2013 pour les 15/17 ans, eux, ont nettement baissé. 

Infographie : Pages. © Alice Dubernet