Billet. L’équipe de France ou la peur de l’ennui

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Les compétitions de football continuent de se dérouler malgré le confinement, pour le plus grand plaisir des amateurs de ballon rond. ©Charly Chateau

À la veille du match contre la Finlande, l’équipe de France de football va occuper l’espace pendant l’ultime trêve internationale de l’année 2020. Après deux derniers matches décevants de nos Bleus, et des championnats européens alléchants malgré le confinement, Charly Chateau dresse un billet d’humeur les deux pieds décollés pour EDJ News.

Alors que nous sommes à nouveau confinés, le sport et plus particulièrement le foot rythment nos journées devenues bien ternes et moroses. Quasiment un match par jour, ci ce n’est plus le week-end. Entre la Ligue 1 – et même la Ligue 2 – , les championnats étrangers et les coupes d’Europe, il y en a pour tous les goûts. Le vert presque phosphorescent de la pelouse à travers l’écran télévisé, les voix des commentateurs qui nous accompagnent et les vingt-deux acteurs qui nous font vibrer. 90 minutes pour s’évader. 90 minutes pour échapper à la monotonie du confinement. 90 minutes de plaisir pour les amoureux du ballon rond. Et du plaisir, il y en a devant les matchs européens, même sans supporters.

Un début de Premier League anglaise saisissant et des matches toujours très disputés. Une Italie dominée par un AC Milan retrouvé et un Zlatan Ibrahimovic immortel. Un début de championnat espagnol où le Barca et le Real sont malmenés. Une Bundesliga allemande toujours aussi plaisante à suivre et un Bayern Munich plus fort que jamais. Et puis un championnat français qui retrouve un peu d’intérêt avec des équipes sexy comme Rennes ou Lille. Sans oublier la Ligue des Champions et la Ligue Europa, toujours autant attendues et excitantes. Bref, il y a de quoi faire.

En terme de jeu là aussi on ne s’ennuie pas. Des buts, du spectacle, de l’intensité, de la densité athlétique. La recette parfaite pour un match palpitant. C’est le cas sur de nombreuses pelouses européennes. Même en France ça arrive. Le foot français, critiqué à juste titre ces dernières années se débride un peu. Fini les 0-0 ? Non quand même pas rassurez-vous. Mais cette année on peut voir Toulouse marquer quatre buts dans un même match, Lens-Reims se clore par un superbe 4-4 ou encore Angers en planter 5 sur la pelouse de Nîmes. Même l’OM joue bien au foot. Ah non ça toujours pas malheureusement. Difficile de trouver plus barbant que les dernières sorties des Marseillais.

Et pourtant… elle est de retour

La fameuse trêve internationale. L’angoisse. Le rythme effréné des championnats européens stoppé net. Notre enthousiasme avec. Pas de coupes d’Europe en semaine, ni de marathon le week-end avec un enchaînement de matches de 15h à 23h. Pas de foot pour animer nos soirées. Seulement trois rencontres en deux semaines. D’un autre côté ce n’est pas plus mal. C’est largement suffisant tant les matches des tricolores sont ennuyeux à mourir depuis quelques temps. Cette trêve marque donc évidemment le retour de l’équipe de France de notre cher DD. L’angoisse. Un match amical contre la Finlande et deux contre le Portugal et la Suède dans le cadre d’une compétition dont personne ne comprend l’intérêt ni l’enjeu.

Mais qu’importe l’adversaire, le jeu des Bleus est soporifique, lent, inanimé. Heureusement qu’il y a d’énormes qualités individuelles pour nous empêcher de nous endormir sur le canapé. Quelques rares actions durant le match où on reste véritablement éveillé. Avec « la Dech » on a le droit à de véritables purges. Des matches qui nous font presque regretter d’aimer le foot. Les joueurs sont horriblement statiques. Le jeu vertical semble interdit, les passes en arrière plus que conseillées. Zéro surprise, peu de création ni d’intuition ou de spontanéité. Une maîtrise et un contrôle certes, mais des ambitions de jeu frigides, emmerdantes au possible.

Bon, cette fois-ci le match contre le Portugal (le 14 novembre prochain) s’avère réellement décisif dans cette magnifique et géniale Ligue des Nations. Espérons que l’enjeu amène un peu de piment et plus de buts que de bâillements. Espérons que nous vibrerons un peu. Rien de sûr pour autant. Rendez-vous dans deux semaines avant de retrouver l’effervescence et les émotions de la saison de foot. Il nous faudra être patients, une fois de plus.