Maradona superstar

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L'Argentin a marqué l'histoire de la sélection argentine, et avec elle l'histoire du football. ©Icon Sport

Ce mercredi 25 novembre 2020, le ciel du football perd sa plus belle étoile. À tout juste 60 ans, Diego Maradona nous quitte. EDJ News souhaite rendre hommage au joueur à la carrière extraordinaire, et à l’homme à la l’existence hors du commun.

Naples sa bien aimée

Diego… Ô notre Diego… Il s’en est allé lui aussi. 2020 ne l’a pas non plus épargné. Son cœur a arrêté de battre ce 25 novembre 2020. Il rejoint désormais ses semblables au paradis. Car oui pour nous il est un Saint, Diego. Mais outre son pays, l’Argentine, il y a un endroit où il sera à jamais vénéré comme tel : Naples. Quand il débarque au SSC Napoli le 5 juillet 1984, Diego Maradona est déjà une star. Le natif de Lanus, dans la province de Buenos Aires, a déjà conquis le football argentin par sa finesse balle au pied et ses prouesses techniques. Après des débuts explosifs à 16 ans avec le club d’Argentinos Juniors (116 buts en 167 matchs et un ballon d’or argentin), « El Pibe de Oro » (l’homme en or) marque l’histoire de la très célèbre équipe de Boca Juniors où il remporte notamment le championnat. Mais il lui reste encore à se faire adouber sur le Vieux Continent.

Malgré son talent hors du commun, l’attaquant de l’Albiceleste (surnom de l’équipe nationale argentine) ne parvient pas à séduire le public du FC Barcelone, son troisième club. Très impulsif sur le terrain, ce sont ses virées nocturnes qui déplaisent en Espagne. Des excès parfaitement en adéquation avec sa future destination. Arrivé à Naples pour 12 millions de dollars, un record à l’époque, Diego Armando est accueilli par 70 000 spectateurs au San Paolo (stade de Naples). Dans une ville très croyante, où le football est vécu avec une passion démesurée, l’Argentin est érigé au rang de dieu lorsqu’il permet au Napoli d’écrire les plus belles pages de son histoire. Le Napoli est alors un petit club. Il n’a remporté que quelques coupes d’Italie et est très loin des grosses écuries comme la Juve ou le Milan. Diego permet alors aux Partenopei de remporter deux scudetti (championnat italien) (1987, 1990), dont un doublé coupe-championnat, et de performer sur la scène européenne avec une coupe de l’UEFA en 1989. Pendant sa période napolitaine, Maradona suscite un tel engouement que tous ses déplacements en ville sont accompagnés par des milliers de supporters. Son visage orne toujours les murs de la ville. Des statuettes à son effigie composent les façades des magasins. Le culte de Saint Diego…

Main de Dieu et but du siècle

Après Pelé 16 ans plus tôt en 1970, c’est Maradona en 1986 qui illumine l’Estadio Azteca. Par sa malice, et son talent. Et puis la deuxième Coupe du Monde de son histoire pour l’Argentine après 1978. L‘Albiceleste est à son apogée, et son numéro 10 également. 5 buts et 6 passes décisives dans le tournoi pour Diego. Les Argentins ne sont pas favoris au départ de cette Coupe du Monde. Pourtant, grâce à Maradona, ils vont aller au bout. Après quatre premiers matches relativement maîtrisés, l’Argentine affronte l’Angleterre en quart de finale. Un match gravé à jamais de l’histoire du football, par un seul homme. Un match à l’ambiance alourdie par la crise des Malouines. Un match où en l’espace de cinq minutes, Diego fait chavirer l’Estadio Azteca.

Juste après le début de la seconde période, le meneur de jeu argentin s’infiltre dans la défense anglaise. Sa dernière passe est interceptée et dégagée en panique. Le ballon arrive alors au niveau des six mètres. Maradona se retrouve face au portier anglais mais est trop court pour reprendre le cuir de la tête. Il tend donc son bras pour effleurer le ballon et marquer. Tout le monde dans le stade remarque la faute, sauf l’arbitre. Le but est accordé. Durant la conférence de presse d’après match, Maradona lui même commentera : « un poco con la cabeza de Maradona y otro poco con la mano de Dios » (un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu).

Quelques instants plus tard, le génie argentin déclenche une accélération foudroyante et s’en va inscrire le but du siècle. Un but qualifié de plus belle réalisation de l’histoire de la Coupe du Monde. Après avoir passé en revue toute la défense anglaise, Diego dribble Peter Shilton et marque dans le but vide. Les bleu et blanc s’imposent finalement 2-1, puis 2-0 face à la Belgique en demi-finale grâce à un double de son numéro 10. En finale, devant près de 115 000 spectateurs, « el pibe de oro » et ses coéquipiers l’emportent 3-2 face à l’Allemagne de l’Ouest. Diego est élu meilleur joueur du tournoi.

Le mondial 1990, le dernier chef d’œuvre de Maradona en sélection

Diego Maradona, c’est aussi et surtout la coupe du monde 1990 en Italie. L’Argentine est championne du monde en titre, Maradona va sur ses 30 ans. Mais le groupe argentin est bien moins fort qu’il y a quatre ans. L’Albiceleste manque de peu l’élimination au premier tour. Impensable pour un champion sortant à l’époque. L’Argentine termine troisième du groupe B, mais est repêchée parmi les meilleurs troisièmes et accède donc au tableau final. Sans être forcément décisif, c’est Maradona qui prend le jeu à son compte. Du haut de son mètre 65, il qualifie son équipe pour le dernier carré du mondial en battant le Brésil (1-0) et la Yougoslavie (0-0, 3 tab à 2).

En demi-finale, l’Argentine retrouve l’Italie au stade San Paolo de Naples. Dans son jardin, Diego Maradona marque le tir au but décisif qui envoie les siens en finale pour la deuxième édition d’affilée. En finale, Maradona s’incline face à une Allemagne de l’Ouest (1-0), bien plus forte collectivement. Mais ce qu’on retient de cette finale, c’est l’hymne argentin sifflé au Stadio Olimpico. Diego est furieux et marmonne un délicat « hijos de p*ta » à l’encontre des spectateurs présents.

Des dribbles tonitruants, des buts d’anthologie. Un passage sur terre marqué par les excès et les plaisirs de la vie. Voilà qui était Diego Armando Maradona. Un dieu en Argentine et à Naples, et sûrement le plus grand numéro 10 connu de la planète football. Après nous avoir tant fait vibré, il est temps de te le dire : « adios Diego, y gracias por todo ».